Am I Diane ? https://ellabellaca.journalintime.com/ fr 2020-05-30T01:20:00+02:00 https://ellabellaca.journalintime.com/Les-oeuvres-de-la-depression Les oeuvres de la dépression The ones who get it : - So Sad Today Melissa Broder - C'est comme ça que je disparais Mirion Malle - Les failles Pomme - Conversations entre amis Sally Rooney - Tout le compte Instagram d'Alec With Pen - A Synthesis of Intuitions Adrian Piper - Kiki la Petite Sorcière Hayao Miyasaki The ones who get it :

- So Sad Today Melissa Broder
- C’est comme ça que je disparais Mirion Malle
- Les failles Pomme
- Conversations entre amis Sally Rooney
- Tout le compte Instagram d’Alec With Pen
- A Synthesis of Intuitions Adrian Piper
- Kiki la Petite Sorcière Hayao Miyasaki

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2020-05-30T01:20:00+02:00
https://ellabellaca.journalintime.com/Mes-gratitudes Mes gratitudes En ce moment je lis "Chez soi" de Mona Chollet. Cela me donne un grand sentiment de gratitude d'avoir trouver un abri qui me convient au coeur de la pandémie, après des années d'incertitude. - Des rangements pour mes livres - Un lit confortable - Un colocataire agréable - Une cuisine suffisamment fonctionnelle pour préparer les plats que j'aime - L'absence de nuisance sonore - De la place pour faire du yoga - Une bonne connexion à internet - L'absence d'humidité - La sécurité du bâtiment - La proximité des commerces - La beauté dès que je sors de chez moi - Une cafetière En ce moment je lis "Chez soi" de Mona Chollet. Cela me donne un grand sentiment de gratitude d’avoir trouver un abri qui me convient au coeur de la pandémie, après des années d’incertitude.

- Des rangements pour mes livres
- Un lit confortable
- Un colocataire agréable
- Une cuisine suffisamment fonctionnelle pour préparer les plats que j’aime
- L’absence de nuisance sonore
- De la place pour faire du yoga
- Une bonne connexion à internet
- L’absence d’humidité
- La sécurité du bâtiment
- La proximité des commerces
- La beauté dès que je sors de chez moi
- Une cafetière italienne pour boire autre chose que du jus de chaussette
- Une baignoire pour me prélasser
- Un fauteuil pour lire et écrire
- Personne pour me déranger
- Le pouvoir de choisir quand et si je veux répondre aux sollicitations

La tranquillité.

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2020-04-16T15:58:00+02:00
https://ellabellaca.journalintime.com/L-eternel-side-kick L'éternel side-kick ? Parfois je me demande quand j'aurai le droit d'être un personnage principal. Ce que je veux dire par là, c'est quand je me demande quand est ce que moi aussi j'aurai une grande histoire à raconter qui intéressera les autres. Quand est ce que je serais celle dont tout le monde parle, même quand elle n'est pas la. Quand est ce que je ne serai plus uniquement la fille rigolote ou l'épaule pour pleurer. C'est fatiguant d'écouter les histoires de coeur à la chaine des hétéros pendant que tu restes une queer qui galère à avoir une vie sentimentale. Le pire c'est que la plupart Parfois je me demande quand j’aurai le droit d’être un personnage principal.

Ce que je veux dire par là, c’est quand je me demande quand est ce que moi aussi j’aurai une grande histoire à raconter qui intéressera les autres.

Quand est ce que je serais celle dont tout le monde parle, même quand elle n’est pas la.

Quand est ce que je ne serai plus uniquement la fille rigolote ou l’épaule pour pleurer.
C’est fatiguant d’écouter les histoires de coeur à la chaine des hétéros pendant que tu restes une queer qui galère à avoir une vie sentimentale.

Le pire c’est que la plupart semble trouver normale que je sois la à toute heure pour écouter leurs jérémiades : qu’est ce qu’elle aurait à faire de mieux, le pauvre petit cageot ?

"Mais toi tu vis bien comme ça."

Qui es tu pour l’affirmer ? As-tu pris la peine de t’en soucier ? Est ce qu’il t’est jamais venu à l’idée que je n’avais pas beaucoup d’autres choix ?

Les rares fois ou ils m’arrivent des expériences, je sens bien que cela n’intéresse pas grand monde.

Pourquoi s’intéresserait-on aux états d’âmes d’un objet après tout ? Une peluche n’a pas d’histoires.

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2020-04-16T15:52:58+02:00
https://ellabellaca.journalintime.com/Try-a-little-tenderness Try a little tenderness J'ai écouté un podcast sur la tendresse aujourd'hui. Il parlait de la tendresse qu'on donne (ou non) aux enfants et de l'impact qu'elle peut avoir sur la vie adulte. Il parlait de l'aspect essentiel et didactique de la tendresse sur un enfant : les câlins, le jeu, l'attention sont comme des boussoles qui guide dans les relations adultes par la suite. Je me suis souvenue de cette enfance sans tendresse qui a été la mienne. Du prétexte du ventre enceint de ma mère pour pouvoir obtenir un contact. Je n'avais que 7 ans. Quel enfant de 7 ans doit utiliser un enfant à naître comme J’ai écouté un podcast sur la tendresse aujourd’hui.

Il parlait de la tendresse qu’on donne (ou non) aux enfants et de l’impact qu’elle peut avoir sur la vie adulte.

Il parlait de l’aspect essentiel et didactique de la tendresse sur un enfant : les câlins, le jeu, l’attention sont comme des boussoles qui guide dans les relations adultes par la suite.

Je me suis souvenue de cette enfance sans tendresse qui a été la mienne.
Du prétexte du ventre enceint de ma mère pour pouvoir obtenir un contact. Je n’avais que 7 ans.
Quel enfant de 7 ans doit utiliser un enfant à naître comme excuse pour toucher son parent ? Et pour être touchée en retour ?

Je me souviens à 12 ans, quand mes camarades parlaient d’un garçon de notre classe, maltraité par ses parents.
"Tu t’imagines une vie sans câlins de tes parents ? Sans bisous, sans rien ?"
Cette vie était la mienne. Et depuis longtemps déjà.

Quand est ce que mes parents ont jugé que montrer de l’affection à mon égard était devenu superflu ? Inutile ?

Je me souviens quelques années plus tard, une fin de colonie de vacances. Les autres ados sont en pleine effusion avec leurs parents. Je sens la gêne de ma mère. Elle ne peut pas éviter le contact, au risque de révéler sa nature froide devant d’autres parents, dont des connaissances. Alors elle me plaque contre elle. D’une main. Maladroitement, gauchement. Et moi de rester raide comme une planche, interdite devant cette manifestation d’affection incongrue.

Le premier ami qui a tenté de montrer son attachement par un câlin a du payé les pots cassés (bien malheureusement pour lui). Je me suis éloignée immédiatement, prétextant ne pas aimer les effusions de ce genre. J’étais surtout décontenancée : je n’avais pas eu de contacts aussi rapprochés depuis alors plusieurs années (et je n’avais que 14 ans...).

Heureusement, le lycée et la rencontre d’amis sincères m’ont appris que le contact physique pouvait être source de chaleur et de réconfort et non plus uniquement de malaise et d’embarrassement.

Maintenant mon groupe d’amis est comme une portée de chatons. Toujours collé les uns aux autres, dans un rapport presque animal, toujours embrassés, toujours enlacés. Une bande de petits animaux perdus qui trouve la force d’affronter le monde dans la peau et la sueur des autres.

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2020-02-23T22:13:52+01:00
https://ellabellaca.journalintime.com/About-Dad About Dad Mon père est un enfant de 50 ans. Un petit enfant qu'il faut rassurer, occuper, solliciter en permanence, sinon gare à la crise. Un petit enfant qui ne supporte pas de ne pas être au centre de l'attention. Un petit enfant qui coupe la parole et s'infiltre dans les discussions qui ne le regardent pas. Un petit enfant qui aime jouir des privilèges et du pouvoir donnés par le statut d'adulte et de parent ; mais qui ne veut pas en prendre les responsabilités, ni accepter les corvées et les contraintes. Parce qu'il n'a jamais vraiment voulu quitter l'enfance, il m'a volé la mienne. Mon père est un enfant de 50 ans.

Un petit enfant qu’il faut rassurer, occuper, solliciter en permanence, sinon gare à la crise.

Un petit enfant qui ne supporte pas de ne pas être au centre de l’attention.

Un petit enfant qui coupe la parole et s’infiltre dans les discussions qui ne le regardent pas.

Un petit enfant qui aime jouir des privilèges et du pouvoir donnés par le statut d’adulte et de parent ; mais qui ne veut pas en prendre les responsabilités, ni accepter les corvées et les contraintes.

Parce qu’il n’a jamais vraiment voulu quitter l’enfance, il m’a volé la mienne.

Aide à domicile de poche, j’ai très tôt du apprendre à ne pas me faire remarquer, à ne rien demander et à aider ma mère. Il ne manquerait plus que l’enfant roi soit contrarié ou doive enfin prendre en charge sa progéniture.

Il occupe tout l’espace, toute l’attention. Il ne supporte pas de voir qu’on puisse discuter, avoir une opinion, des occupations sans qu’il mette son grain de sel.
Il lui faut son audience en permanence, et plus particulièrement la mienne. Il me répète les mêmes histoires et les mêmes questions en boucle, même quand je suis clairement occupée à autre chose, afin d’accaparer mon attention en permanence.
Tout doit être orienté autour de lui, de sa santé, de son travail, de son problème et il n’y a plus aucune place pour le reste.
Il passe son temps à nous corriger, nous contredire, nous infantiliser, histoire de prouver qu’il est encore le "chef de famille". Mais un bon chef, c’est surtout celui qui fait passer l’intérêt du groupe avant le sien.

Il est plein de violence et de haine envers ma soeur, la seule qui s’oppose à lui ouvertement et n’hésite jamais à mettre le doigt sur son comportement de petit garçon puéril et trop gâté.

Il veut me faire rallier son camp à lui contre elle… Il multiplie les blagues racistes, sexistes et vulgaires : choquer et provoquer ne sont que des manières comme d’autres d’attirer l’attention.

Je ne comprends pas son attitude. Je ne comprends pas qu’il ne puisse pas avoir suffisamment de recul sur lui même pour se rendre compte qu’il est ridicule et immature. J’en veux à ma mère de tout lui passer et de privilégier son bien-être à celui de ses enfants, comme toujours. Ce que l’on ne ferait pas pour ne pas risquer d’être seule…

Il me fatigue. Il me fatigue tellement. Je n’ai même plus de haine pour lui. Je veux juste qu’il disparaisse de la surface de cette terre et que l’on ne parle enfin plus jamais de lui.

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2020-02-23T19:33:00+01:00
https://ellabellaca.journalintime.com/Amoureuse Amoureuse Je suis amoureuse et j’ai enfin l’impression de comprendre les autres. Je suis amoureuse et j’ai enfin l’impression d’avoir le regard arraché à mon nombril. Je suis amoureuse et je le sais car pour une fois la réciprocité ne compte même pas. Je suis amoureuse et je le sais car j’ai juste envie de voir cette personne répandre la lumière sans se soucier de la mienne. Je suis amoureuse et pour une fois l’estime qu’un autre peut avoir de moi ne compte même pas. La vie c’est ce qui arrive qu’on est occupé à autre chose, il paraît. La vie est en train de Je suis amoureuse et j’ai enfin l’impression de comprendre les autres.
Je suis amoureuse et j’ai enfin l’impression d’avoir le regard arraché à mon nombril.

Je suis amoureuse et je le sais car pour une fois la réciprocité ne compte même pas.
Je suis amoureuse et je le sais car j’ai juste envie de voir cette personne répandre la lumière sans se soucier de la mienne.

Je suis amoureuse et pour une fois l’estime qu’un autre peut avoir de moi ne compte même pas.

La vie c’est ce qui arrive qu’on est occupé à autre chose, il paraît.
La vie est en train de m’arriver, et j’oscille entre l’euphorie et la panique.

J’ai cette boule de lumière nichée aux creux de mes entrailles qui me réchauffe et me bouscule.
Les sourires idiots, les papillons, les insomnies : ce qui me paraissait étrange et abscon me tombent dessus.

Je suis amoureuse et je peux enfin comprendre ceux qui abandonnent la sûreté et le succès pour autrui.
Je comprends enfin ce vent fou qui peut tout balayer devant soi.
Je comprends enfin cet absolu et cet abysse.

Je suis amoureuse et je le sais car ma carapace est brisée.
Je suis amoureuse et je savoure mon humanité retrouvée.

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2020-02-11T23:51:01+01:00
https://ellabellaca.journalintime.com/En-couleur En couleur Toute ma vie, j’ai envié la lumière des autres. Déja petite, je me sentais grise et oubliable au milieu des autres qui existaient, qui étaient en couleurs. Je n’arrivais pas à trouver la couleur, la passion, la lumière en moi. Je regardais les autres et je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je me réfugiais dans un monde intérieur ou je rayonnais : j’avais des super-pouvoirs, ou bien j’étais célèbre. Dans tous les cas, j’étais belle, admirée de tous et populaire. J’ai pris des cours de danse, de chant, de théâtre, pour essayer de donner forme à ce monde Toute ma vie, j’ai envié la lumière des autres.

Déja petite, je me sentais grise et oubliable au milieu des autres qui existaient, qui étaient en couleurs. Je n’arrivais pas à trouver la couleur, la passion, la lumière en moi. Je regardais les autres et je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Je me réfugiais dans un monde intérieur ou je rayonnais : j’avais des super-pouvoirs, ou bien j’étais célèbre. Dans tous les cas, j’étais belle, admirée de tous et populaire.
J’ai pris des cours de danse, de chant, de théâtre, pour essayer de donner forme à ce monde dans la réalité, mais sans réel succès.

J’étais comme une petite boule de flipper, qui tente de trouver sa lumière dans les coins, mais ne fait que se prendre des coups avant de rebondir vers un autre endroit.

J’avais une soif d’affection et de reconnaissance énorme et je n’arrivais pas à l’étancher.
J’avais l’impression que les autres enfants ou ados étaient beaucoup plus appréciés à leur juste valeur et recevait plus d’affection alors que je correspondais plus à ce que l’on attend d’un enfant sage. Cela générait beaucoup de frustration et de ressentiment chez moi, je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas droit à tout ça malgré tous mes effort pour être parfaite.

J’ai plus l’impression d’avoir poussé que d’avoir véritablement grandi. Je me suis construite en grapillant des bouts d’affection et quelques moments de chaleur mais sans vraiment être nourri.
Je pense que mes parents voyaient très bien aussi que je n’etais pas aussi colorée que les autres enfants. Mais ils m’en ont tenu pour seule responsable sans eux même se remettre en question. Ils n’ont pas vu ou pas voulu voir mes appels au secours (car il y en a eu). J’ai compris que ma mère était jalouse des autres mères qui selon elle avait de “meilleurs” enfants. Et d’ailleurs, je pensais aussi que les autres enfants étaient mieux que moi. J’ai pourtant essayé de trouver grâce à leurs yeux en me rendant le plus utile possible et en faisant ce que je pouvais pour les rendre fiers. Mais ça ne suffisait pas. Ca ne suffisait jamais.

Maintenant que j’ai enfin trouvé ma propre lumière, je n’ai pas l’impression qu’ils sont satisfaits, mais plutôt jaloux. Ils ont tout d’abord été surpris que je sois capables d’accomplir les mêmes choses et même plus que les enfants colorés : faire du théâtre d’improvisation, réussir un concours difficile, partir à l’autre bout du monde… Ma mère en particulier avait toujours cet air incrédule quand quelqu’un me faisait un compliment ou me félicitait et pouvait même aller jusqu’à à me rabaisser tellement elle était mal à l’aise. Elle m’avait bien fait comprendre dès toute petite que je ferais mieux de ne pas être trop ambitieuse, que certaines choses étaient accessibles pour les autres mais pas pour moi. J’allais devoir cravacher si j’espérais arriver à un niveau comparable au sien.

Suivre ses rêves, vivre de belles expériences, avoir un mode de vie différent, c’est bien pour les autres. Mais pour moi non. Je ne faisais pas partie de cette catégorie de personnes qui vivraient ça, je ne faisais pas partie de ce monde, alors autant me le mettre en tête très vite. Je n’avais pas de charisme là, cette beauté là, cette intelligence là. Il m’a fallu tellement de temps et il me faut encore lutter aujourd’hui pour réaliser que rien de tout ça n’est vrai.

Encore aujourd’hui, j’ai un besoin de douceur et de soin qui peut parfois me mener aux larmes tant c’est écrasant : même dans mes relations actuelles, j’ai du mal à me poser autrement qu’en tant que personne qui aide et prend soin et pas l’inverse.
Souvent je me dis que si j’étais plus jolie et gracile, les choses se passeraient autrement.

Déja très jeune, je me suis assimilée à une fonction d’outil, qui se doit d’aider et de ne pas poser problème. Les enfants “colorés” avaient le droit d’être triste, de se plaindre, d’avoir des problèmes et de recevoir de l’attention en retour.
Moi non. C’est comme si ma présence était une faute et que je me devais de limiter les dégâts en me faisant la plus petite possible.
Mais de quelle faute parlons nous ? Quelle dette dois-je rembourser ?

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2018-11-29T23:43:00+01:00